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Le forum Citywire Paris 2018 vu par Laurent Serra

Le forum Citywire Paris 2018 vu par Laurent Serra

Cet article a été écrit par Laurent Serra, Gérant Associé chez Bayard Finance.

Six mois après la précédente conférence sur Paris, nous retrouvons Citywire. Le lieu n’a pas changé et le format non plus avec des tables rondes de six à huit personnes qui permettent des échanges directs avec les gérants. Par contre, comme à son habitude, Citywire a sélectionné des sociétés de gestion atypiques par leurs process de gestion ou leurs univers d’investissement et souvent méconnues en France alors qu’il s’agit d’acteurs internationaux de renom.

C’est le cas notamment de First Trust, leader mondial dans l’univers des trackers avec plus de 118 milliards de dollars sous gestion. Créée en 1991 mais présente en Europe depuis 2015, leur expertise reporte sur trois types d’ETF : les passifs classiques, la gestion active pure et les smart Beta. C’est au sein de cette dernière stratégie qu’est implémenté le First Trust Eurozone AlphaDex. Le principe générateur d’alpha repose sur le fait que les indices donnent trop d’importance aux plus grandes capitalisations alors que celles-ci sont généralement les actions générant le moins de performance. Ce tracker permet de corriger cet effet avec une répartition par valeur en termes de poids beaucoup plus équilibrée. Ceci est dû également à une sélection de titres non plus basée sur les capitalisations boursières mais sur des critères fondamentaux issus des études de Fama French : le price to book et le price to cash flow. Les scores attribués aux actions sont revus tous les six mois. Cette stratégie a permis de générer une surperformance de 5% par an depuis la création tout en limitant la tracking error autour de 3 à 4%.

Nous poursuivons les tables rondes avec RWC. Cette société de gestion a intégré depuis 2015 une partie des équipes spécialisée sur les pays emergents de Everest Capital dont John M. Malloy. Leur particularité est d’avoir développé une vraie expertise sur les marchés frontières et leur fonds, RWC global Emerging Markets, peut être investi jusqu’à 20% sur ce type de marché. John a débuté sur cette classe d’actifs au début des années 90 et gère désormais plus de 6 milliards de dollars. Pour lui, après sept ans de sous-performance des émergents, ceux-ci devraient rattraper leur retard au regard d’une économie solide. Les entreprises se sont largement désendettées et peuvent profiter de devises sous-évaluées. Les sociétés se traitent sur des niveaux de PE moyens ne prenant pas en compte la croissance des bénéfices futurs.

Le portefeuille se compose de 50 à 60 valeurs et est géré selon une approche dite GARP (growth at a reasonnable price). 78% des titres en portefeuille ont une capitalisation supérieure à 5 milliards d’euros. Les équipes sont basées à Miami et Singapour. Le fonds n’est pas couvert contre le risque de change.

Toujours sur la thématique Emergente, la société de gestion anglaise Artemis était également présente pour nous présenter son fonds Artemis Global Emerging Markets. Co-géré pincipalement par Peter Saacke et Raheel Altaf, le fonds a été créé en avril 2015 mais le process a plus de quinze ans. Le fonds a aujourd’hui un biais value caractérisé par un PE moyen du portefeuille de 8.3 contre 12 pour l’indice. Les thématiques privilégiées  tournent autour de la technologie, de l’énergie et l’Inde sur le plan géographique. La Russie est également représentée au regard de valorisations très faibles en raison de problèmes géopolitiques. Le process repose sur une approche systématique stricte. Les gérants ne rencontrent pas les dirigeants et se basent uniquement sur les chiffres des sociétés auquel se greffe un filtre macro mais également de momentum au travers du sentiment des investisseurs. Le fonds peut dévier de plus ou moins 10% au niveau sectoriel et de 20% sur l’allocation géographique. Le sreening est quotidien mais le turnover se limite à 80%.

 

Notre quatrième interlocuteur présente lui, quelques points d’originalités…GAM Investments est un groupe suisse créé en 1983 qui présente la particularité d’être côté en Bourse à Zurich. Avec plus de 900 collaborateurs dans 13 pays et 162 milliards d’actifs sous gestion, il figure comme un acteur important. Mais ce n’est pas là que réside la plus grande originalité… Raph M Gasser, responsable de la partie fixed income chez GAM, est venu nous parler de leur fonds GAM Star MBS Total Return. Oui, vous avez bien lu caché au milieu d’acronymes et abréviations un terme qui a pu au mieux vous donner des boutons et au pire vous déclencher un emballement cardiaque…MBS (Morgage Backed Securities). D’un coup, vous revenez dix ans en arrière et repensez Lehman,  Fanny mae, Freddie mac, AIG ou Bear Stearns. Plutôt que de prendre mes jambes à mon cou, j’ai été pris de curiosité. La classe d’actifs présente l’intérêt de se décomposer en deux sous-entités bien distinctes : les titres garantis par l’état et ceux non garantis par l’état. Toute la gestion repose sur l’arbitrage entre ces deux catagories. Dès lors, l’objectif pour les équipes de gestion n’est pas de prendre le spread de crédit entre la catégorie Mortgage et le dix ans US mais d’évaluer la qualité des titres non garantis. Ceci a permis au fonds d’afficher, aussi surprenant soit-il, une performance positive en 2008.

En termes conjoncturels, l’équipe de GAM note que le marché immobilier américain a retrouvé ses plus hauts de 2007 ce qui n’est pas excessif si on considère que les prix de l’immobilier suivent la croissance nominale du PIB sur longue période. En outre, le marché est encore peu cher par rapport aux corporate. Il bénéficie finalement d’une désaffection qui le rend sain : pas mal d’investisseurs ne veulent plus y aller ce qui permet d’avoir des opportunités ; il n’y a pas d’ETF et surtout deux tiers des emprunteurs subprime de 2008 continuent à ce jour à rembourser leur prêt…

Nous avons eu le plaisir pour terminer de découvrir une société de gestion : Payden & Rygel. Société de gestion américaine, elle est l’un des plus importants gérants obligataires US totalement indépendant. En outre, le capital est détenu à 100% par ses cadres exécutifs. La société s’est développée essentiellement sur la gestion privée et la gestion sur mesure. Dès lors, l’activité de gestion est naissante mais pèse 5 milliards d’euros répartis sur cinq fonds. Comme vous l’aurez compris, l’ADN de la société repose sur la gestion ou les mandats sur le « short term invest » ou en d’autres termes la gestion obligataire en duration courte. Paul Saint Pasteur, directeur de la gestion Fixed Income nous a présenté le fonds Payden Global Short Bond Fund. Le process repose sur quatre thèmes permettant à la fois la diversification et la gestion du risque mais également de s’exposer à l’ensemble des thématiques de la classe d’actifs : Duration, qualité de crédit, devise, niveau de taux. Les décisions découlent d’un comité d’investissement permettant de déterminer les vues macroéconomiques partagées par toutes les équipes des différents fonds. la sélection se fait grâce à une équipe de 45 analystes dont l’expérience moyenne sur la classe d’actifs est de 14 ans. A ce jour l’équipe de gestion demeure confiante sur sa classe d’actifs, la hausse de taux étant bien appréhendée par le marché. En outre, la croissance économique est satisfaisante ce qui augure d’une poursuite des resserrements de spreads sur le crédit corporate.

 La réunion s’est conclue par une table ronde sur l’ISR où les multigérants ont pu débattre des problématiques spécifiques liées à cette thématique. Une fois de plus en tout cas le format ainsi que les invités auront permis d’observer le monde de la finance avec un prisme plus international. Une expérience à faire pour leur prochain meeting sur Paris !

Bayard Finance est une société de conseil en allocation d’actifs destinée aux professionnels de la gestion de patrimoine. Nous accompagnons également les particuliers et les entreprises dans leurs problématiques de placements et d’investissements financiers.