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Le délicat exercice de la notation ESG de fonds

Le délicat exercice de la notation ESG de fonds

Avec l’intérêt grandissant des investisseurs institutionnels et particuliers pour l’investissement socialement responsable (ISR), de plus en plus d’outils se sont développés afin d’évaluer et de comparer les fonds de placements sur la base de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Les sociétés Morningstar et MSCI ont lancé des notations ESG quantitatives de fonds, qui ont l’avantage de pouvoir être appliquées à un univers très large couvrant plus de 20 000  fonds communs de placement et fonds indiciels cotés en bourse, mais au prix de certains raccourcis.

Ces notations sont établies en calculant la moyenne pondérée des scores ESG de tous les titres détenus par les fonds,  que ces derniers aient ou non un objectif d’investissement durable ou des critères de sélection ESG au sein de leur processus d’investissement.

Morningstar a lancé les Morningstar Sustainability Ratings en 2016, qui consistent en une notation de 1 à 5 globes attribuée aux fonds en fonction de leur performance ESG au sein de leur secteur d’investissement. Dans cette méthodologie, des points sont déduits du score moyen d’un fonds pour chaque controverse dans laquelle a pu être impliquée une des entreprises présentes dans le portefeuille afin d’aboutir à une note sur 100 (Portfolio Sustainability Score). Les données sur les titres sous-jacents proviennent de Sustainalytics et à l’heure actuelle Morningstar n’inclut dans ses calculs que les actions et les obligations d’entreprises.

Le fournisseur d’indices MSCI propose également depuis 2016 un système de notation sur 10, les MSCI ESG Quality Scores. Contrairement aux globes de Morningstar, la notation est ici uniquement absolue et non relative aux profils ESG d’autres fonds d’un même secteur d’investissement. En complément, MSCI fournit une centaine d’indicateurs basés sur ses propres données permettant de connaitre l’exposition des fonds à 3 thèmes : l’impact sur les défis environnementaux et sociaux, l’alignement avec certaines valeurs éthiques, religieuses ou politiques et enfin l’exposition aux risques ESG, telles que la raréfaction de l'eau ou les restrictions en matière d'émissions de carbone.

Ces notations ESG de fonds étant purement quantitatives, elles reflètent les constituants des portefeuilles des fonds plutôt que les processus d’investissements et sont donc entièrement dépendantes des données extra financières disponibles sur chaque titre, ce qui conduit à plusieurs problèmes potentiels étant donné la relative jeunesse du domaine, son manque de standardisation ainsi que sa subjectivité.

Les notations extra financières d’entreprises font l’objet de nombreuses critiques en raison notamment de l’absence de certification des données fournies par les entreprises ainsi que de biais structurels en faveur de certaines industries et des sociétés à grande capitalisation. Il est également important de garder à l’esprit la diversité des méthodes d’analyse employées en matière de notation ESG et qu’à titre d’exemple, si les notations de crédit des agences S&P et Moody affichent une corrélation de 0,9, la société CSRHub a calculé une corrélation de seulement 0,32 entre les notes ESG attribuées par MSCI et Sustainalytics.

Autre problème: afin qu’un fonds soit éligible à une notation, Morningstar et MSCI requièrent respectivement qu’au moins 50% et 65% des titres sous-jacents soient notés et donc une partie importante d’un portefeuille peut simplement être ignorée par manque de données, bien qu’une notation soit tout de même émise pour le fonds.

Et paradoxalement, comme cette approche purement quantitative ne permet pas de prendre en compte la diversité des stratégies dans l’ISR, elle peut pénaliser des fonds avec une démarche d’engagement actionnarial qui seront volontairement investis dans certaines sociétés avec de moins bons scores ESG.

Mais bien qu’imparfaites, ces notations ESG de fonds conduisent à davantage de transparence pour les investisseurs et gagneront en profondeur au fur et à mesure de la standardisation et de la démocratisation des données extra financières. D’autres systèmes de notations ont également été développés et apportent un éclairage complémentaire, telles que les notations Climetrics du fournisseur de données ISS sur l’impact climatique des fonds ou les notations de l’organisation As You Sow, qui évaluent les fonds en fonction de leurs expositions à différents thèmes (énergies fossiles, déforestation, industries de l'armement et du tabac).

Cependant, la vraie valeur ajoutée des notations se trouve dans les différents indicateurs disponibles au-delà de la note principale et qui permettent de gagner en granularité, dans la limite des données disponibles.

 

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